| La justice en période de soldes : Profitez-en la vie est à bas coûts. |
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En Inde, un « homicide involontaire sans intention de meurtre » est sanctionné d’une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et c’est donc ce dont aurait du écoper Sanjeev Nanda qui ivre au volant de sa voiture avait tué 6 personnes avant d’avoir prit la fuite en 1999. Oui « Aurait dû » car le chauffard à une particularité qui n’a pas été jugée négligeable par la justice : Il est l’héritier d’une riche famille.
Sanjeev Nanda fils d’un important marchand d’armes et petit-fils d’un illustre amiral de la marine fait écho à un fait d’histoire devenu syndrome, celui de « Dhritrashtra » : « Dhritrashtra était roi du Mahabharata ; son histoire est connue de tous les indiens. Aveugle depuis sa naissance, Dhritrashtra ne pouvait pas gouverner son royaume normalement. Il eut 100 fils de sa femme Gandhari, qui garda ses yeux bandés tout au long de sa vie par solidarité avec son mari. Parmi les descendants notables de ce couple, on trouve Duryodhan et Dushashan. Dhritrashtra espère réaliser ses ambitions inassouvies par l’intermédiaire de sa descendance et, de ce fait, fini par fermer les yeux sur tous les méfaits commis par ses fils. Jusqu’à y participer. Lorsque leurs péchés eurent franchi les limites, la fameuse guerre entre Kaurav et Pandav a eu lieu. Provoquant la chute de l’empire et, avec elle, de la lignée. » Explique Devidas Deshpande.
Au même titre que le roi du Mahabharata, le père de Sanjeev Nanda n’hésita pas à bafouer la morale pour raccourcir la peine de son fiston. Tout ce qui peut s’acheter dans la justice n’a pas échappé à sa famille, faux témoins et avocats de l’accusation, destruction de preuves et pourquoi pas influencer la haute cour elle-même ? Si l’on ne connaît pas exactement les moyens mis en œuvre par le marchand d’armes pour minimiser la responsabilité de Sanjeev dans la tragique mort de 6 personnes sous les roues de sa BMW, on peut constater l’exceptionnelle clémence du jugement rendu lundi dernier. D’abord condamné en 2008 pour « Homicide involontaire sans intention de meurtre », le chef d’accusation à soudainement changé lundi et « Mort par imprudence ou négligence » a été considéré plus adéquate a la situation, la signification semble être identique mais cette nuance change considérablement la peine : 2 ans de prison est requit.
Ayant déjà purgé une partie de sa peine, Sanjeev Nanda devrait retrouver sa liberté dans seulement quelques semaines. Tous égaux face à la justice ? Mayank Misra se permet d’en douter : « Pour juger de la clémence de cette décision, il suffit de considérer la situation des petits cas dans ce pays. Ils languissent dans les prisons pour des durées qui excèdent largement leur peine maximale, parce qu'ils sont en attente de jugement, et parfois même sans avoir été jugé coupable." Si l’on occulte la grossière corruption qui a régnée sur l’ensemble du procès, une autre raison peut-être mise en avant : "Les juges appartiennent à des familles puissantes, et leurs décisions sont souvent le résultat de réflexes inconscients de solidarité de classe". Cette solidarité aurait certainement du être adressée aux familles des victimes et non à celle du bourreau mais ces dernières n’avaient que des larmes à offrir à une justice plus disposée à accepter les chèques.
PAUL GEVIN |























